Formule 1 Ferrari SF-24 #42207
La Ferrari SF-24 est la voiture engagée par la firme italienne lors de la saison 2024. Le design de ce set demeure assez proche de celui de la Mercedes W14 #42171, à commencer par l'aileron composé de 3 ailettes bombées. Certes, la vraie Ferrari dispose de 4 ailettes. Mais l'alternance de bandes rouges et noires donne un style très proche de celui de la vraie SF-24. Les plans verticaux ont été réalisés dans un style proche de celui de la Red Bull #42206 afin de garantir un design moins décousu. Sur le nez, le rendu est plus mitigé. Les connecteurs Technic à la pointe du nez ne sont pas jolis et ne correspondent en rien à ce que l'on peut observer sur la voiture réelle. Quant à la ligne montante du nez, elle n'est pas aussi fluide que sur la Reb Bull à cause des suspensions à poussoir qui imposent d'avoir des éléments structurants dans la partie supérieure du nez. En direction du cockpit, on trouve quelques pièces studful en SNOT pour tenter d'élargir progressivement le nez, mais on ne peut pas dire que le rendu soit très naturel.
Sur le cockpit, le halo a été parfaitement géré. Les flexs dont un bel arrondi, et sa ligne est légèrement descendante vers l'arrière, comme sur la vraie voiture. Les rétroviseurs semblent un peu sous-dimensionnés, mais ce n'est pas bien gênant. Les entrées d'air des pontons sont de toute beauté. On retrouve parfaitement la lèvre inférieure oblique telle qu'elle était au début de la saison 2024 sur la Ferrari. Le fond plat est moins convaincant. On sent clairement qu'il manque un élément de carrosserie noir au dessus des petites ailettes verticales. Quant au carénage situé sous le ponton et qui doit permettre au flux d'air de s'écouler sur les côtés de la voiture, il a été purement et simplement ignoré ! Il est incompréhensible que Lego ait laissé un trou béant à cet endroit quand la RB20 #42206, elle, dispose d'un habillage parfait.
En direction de l'arrière, les pontons ont bel et bien une forme fuyante. Mais les éléments de carrosserie utilisés manquent tout de même de liant, notamment au niveau de la "baignoire" qui semble bien difficile à reproduire en Lego. Le fond plat a un design net et précis, c'est juste ce qu'il faut. Derrière le cockpit, la forme de la carrosserie est régulière jusqu'à l'essieu arrière, voire trop régulière. En effet, les panneaux fixés dans la continuité du cockpit arrivent 1 cm plus haut que ceux fixés au dessus de l'essieu arrière. Encore une fois, cela manque de liant. La boîte à air est bien réalisée, avec une pente douce et une pale d'hélicoptère qui forme une arête saillante comme sur la vraie SF-24. Vu de dessus, le carénage est incomplet. Mais comme on le verra dans la partie "Fonctionnalités", le designer a su mettre cet écueil à profit.
Sur l'essieu arrière, les différentes pièces mécaniques font un joli rendu, comme souvent sur les F1 Lego Technic. L'aileron arrière a un design proche de celui de la Mercedes #42171. Le rendu est un peu décousu, et aurait bien gagné à s'inspirer davantage de celui de la Red Bull RB20 #42206 ; dommage. Le DRS - Drage Reduction System - est de la partie. Il faut l'ajuster manuellement grâce à des pins à friction. Sur la face arrière, on retrouve bien le beam wing, le feu rouge et le diffuseur. En revanche, on se demande bien comment Lego a pu faire l'impasse sur l'échappement...
La voiture est équipée de pneus slick et de flasques sérigraphiés. Ces sérigraphiés apportent une finition admirable ! La couleur jaune utilisée sur les flancs des pneus indique d'ailleurs que la voiture est équipée de gommes intermédiaires. Si Lego avait été encore plus ambitieux, on aurait pu avoir des pneus plus larges à l'arrière ; dommage. Les proportions de notre SF-24 semblent justes. Il en est de même pour le rake qui, comme dans la réalité, adopte une configuration à mi-chemin entre celle de la Mercedes #42171 et celle de la Red Bull #42206. S'il est vrai que certaines finitions peuvent laisser à désirer, il faut bien admettre que les principales caractéristiques qui forgent l'identité de la SF-24 ont été plutôt bien reproduites.
La voiture dispose de quelques petites fonctions, à commencer par le capot moteur amovible. Il offre une bonne vue sur les 6 cylindres. Mais on le manipulera moins souvent que sur la RB20 car on peut changer les rapports de la boîte à vitesses sans avoir à le retirer. L'aileron arrière est quant à lui équipé d'un DRS que l'on peut orienter manuellement. La première vraie fonction, c'est la direction que l'on contrôle depuis la HOG. Après un renvoi d'angle composé de 2 engrenages 12t, 2 engrenages 16t, un 12t et un 20t permettent de remonter la rotation. A partir de là, on a le renvoi au volant avec 2 pignons 8t vers l'arrière, et un nouveau 12t qui fait coulisser la crémaillère de direction vers l'avant. Le rayon de braquage est de 74 cm. Ce n'est pas aussi bon que sur le RB20 #42206, mais ça reste une belle prouesse. Le plus gênant sur la direction, ce sont les garde-boues qui ne suivent pas l'orientation des roues, et ce alors que la Red Bull parvient à intégrer cette caractéristique. Pire encore, les garde-boues étant fixés sur les triangles de suspensions, ils se penchent vers l'intérieur quand on appuie sur la voiture. Visuellement, l'effet est assez saugrenu...
La voiture possède bien sûr 4 suspensions indépendantes. Sur les 2 essieux, les mouvements verticaux de chaque roue sont transmis à une biellette oblique, puis à une biellette en angle droit, de façon à pouvoir comprimer les suspensions positionnées horizontalement. Le débattement est d'environ 1,5 cm à l'avant et 2 cm. Les suspensions arrière offrent un bon compromis entre souplesse et fermeté. La suspension avant est peut-être un peu plus raide. Sur l'essieu avant, les biellettes obliques sont attachées en position basse sur le moyeu et en position haute sur le châssis, on parle de suspensions à poussoir. Sur l'essieu arrière, c'est l'inverse : les biellettes obliques sont attachées en position haute sur le moyeu et en position basse sur le châssis. Ce sont donc des suspensions à tirant. Cette configuration des biellettes de suspensions correspond exactement au design de la vraie SF-24, ce qui témoigne d'une authenticité certaine.
La dernière fonction du set, c'est inévitablement la transmission. Cette transmission est équipée d'une boîte à vitesses, ce qui apporte une sacrée bouffée d'air frais dans la gamme Technic. Pour rappel, la dernière Formule 1 Technic disposant d'une boîte à vitesses remonte à 1994 avec le modèle secondaire de la #8880 ! Le différentiel entraine un 20t dont l'axe file directement vers l'avant dans la boîte à vitesses. Il y a 2 rapports. Pour embrayer la première, on pousse le changeover catch vers l'arrière. Le driving ring entraine alors un 20t libre qui va transmettre la rotation à un 12t pour faire tourner le vilebrequin du moteur. Pour embrayer la seconde, on pousse le changeover catch vers l'avant. La transmission entraine alors 2 engrenages à 16 dents pour atteindre le vilebrequin. Du différentiel jusqu'au vilebrequin, les rapports sont donc de 1:2,33 en première et de 1:1,4 en seconde. Fort logiquement, le moteur mouline davantage en première qu'en seconde. S'il est vrai que cette boîte à vitesses demeure simpliste, il faut quand même apprécier à sa juste valeur la volonté de Lego d'intégrer autant de mécanique que possible dans le faible volume disponible. Par rapport à la RB20, on saluera aussi la possibilité de pouvoir sélectionner la vitesse souhaitée sans avoir à retirer le capot moteur. En effet, il est facile de passer ses doigts par le haut de la boîte à air afin de basculer les changeover catch. On notera aussi que le set intègre une représentation du MGU-H avec le cylindre gris clair actionné par un 12t. Le MGU-H est un dispositif électrique qui délivre davantage de puissance au turbo pour gagner en accélération ou en vitesse de pointe.
La technicité de la boîte à vitesses profite forcément à l'inventaire. Ainsi, parmi les pièces technique on s'attardera sur la présence de 4 suspensions, 8 triangles de suspension, 4 bras de suspension 3L, 4 moyeux, 4 CV joints, un driving ring, 2 changeover catch, et 21 pièces dentées dont un différentiel, un 20t libre et une crémaillère. Le set possède également 10 cadres Technic, et surtout 121 éléments de carrosserie ! Les 4 pneus slick sérigraphiés sur le flanc attireront aussi toutes les convoitises.
L'inventaire est disponible ici.
En conclusion, cette SF-24 alterne le bon et le moins bon. La mécanique et son intégration sont très proches de celles de la Red Bull RB20 #42206, et donc de bonne facture. Mais au niveau des finitions et du réalisme que la voiture dégage, il faut bien admettre que l'on est un cran en desous, avec un résultat qui semble plus proche de la Mercedes-AMG W14 #42171. Le design n'est pas alarmant en soi, mais on aurait aimé avoir quelque chose d'un peu plus poussé.